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Les propositions des sociétés civiles ouest-africainesL'Afrique de l'Ouest est la
région la plus instable de l'Afrique. Elle a enregistré le grand nombre
de perturbations de l'ordre constitutionnel et de tentatives de coups
d'Etat, depuis la ratification de la Charte de l’Union Africaine de la
démocratie, des élections et la gouvernance en 2007. Face à cette
instabilité récurrente, le Réseau Ouest Africain pour la Surveillance
des Elections (ROASE) a réuni ses membres du 5 au 8 mai 2013 à Abuja, au
Nigeria, pour discuter des résultats préliminaires d’une étude sur
l’état de la ratification et la mise en œuvre de la Charte de l’Union
Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance dans la
sous-région. Invité par le ROASE, le Coordonnateur national de la
Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), le Dr Christophe
Kouamé, a participé à cette rencontre. Le réseau a lancé un appel à tous
les gouvernements en Afrique de l’Ouest à faire preuve de plus
d'engagement vers la consolidation de la démocratie dans leur pays en
appliquant pleinement les principes de la Charte africaine de la
Démocratie, des Elections et de la Gouvernance. Le ROASE a aussi
encouragé les pays africains qui n'ont pas encore signé et ratifié
ladite Charte, notamment la Côte d’Ivoire, à en faire une priorité. La
société civile et les députés ont été invités à relever le défi de la
vulgarisation de cette Charte et celui du plaidoyer pour sa signature,
sa ratification et sa mise en œuvre ultérieure. Cet appel a été élargi
aux institutions internationales comme l'ONU, l'UA et la CEDEAO, en vue
de contribuer au renforcement et à la consolidation de la démocratie sur
le continent. Le ROASE est une coalition de groupes citoyens non
partisans d'observation de 11 pays Ouest-Africains (Burkina Faso, CĂ´te
d’Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Nigeria, Niger, Sénégal, Sierra
Leone, Togo).
H.O

Le 6 mai 2013, le cœur n’était pas du tout à la fête au palais de l’Élysée comme à la rue Solferino (siège du Parti socialiste) pour des raisons que l’on peut aisément deviner: la politique d’austérité (30 milliards d’euros soustraits de la circulation
économique du pays) qui, pour Jean-Luc Mélenchon, conduit inexorablement la France à l’enlisement, le chômage qui n’arrête pas de grimper, l’affaire Jérôme Cahuzac (accusé par les fins limiers de Mediapart de posséder un compte en Suisse, l’ancien ministre du Budget nia devant l’Assemblée nationale avoir ouvert un compte à l’étranger avant de se rétracter devant les juges, ce qui le contraignit à quitter le gouvernement le 19 mars) qui a laissé le sentiment que le PS est loin
d’être une poche de moralité et de pratiquer lui-même ce qu’il demande aux autres, la baisse continue de François Hollande dans les sondages (en avril 2013, seuls 23% des Français se disaient satisfaits de son action selon un sondage IFOP pour “Le Journal du dimanche”) et, last but not least,
la loi sur le mariage gay qui a profondément divisé la société française. Pourquoi Hollande est-il tombé en disgrâce en si peu de temps? Pourquoi est-il crédité par les derniers sondages d’un score jamais atteint sous la Ve République? Que lui reproche-t-on?
Pour Philippe Poutou, ancien candidat à la présidentielle et porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), la politique de F. Hollande n’est guère différente de celle de Sarkozy. “La continuité va même, poursuit-il, jusqu’à des choses que l’on n’aurait pas imaginées de la part d’un gouvernement de gauche: la question du démantèlement des camps Rom ou celle de la régularisation des sans-papiers, où c’est le même chiffre [le nombre de reconduites à la frontière] que celui de Guéant [l’ancien ministre de l’Intérieur] qui
est visé”. Marine Le Pen, qui s’exprimait sur LCI, qualifie, elle, de catastrophique la première année de Hollande. Selon la présidente du Front national, Hollande ne se distingue pas de n’importe quel autre haut fonctionnaire. Mais la charge la plus violente est venue du co-président du Parti de Gauche (PG). En voici un extrait: “Il y a un an, la majorité de la France (...)
a clairement choisi la voie du changement, de la rupture avec dix années de reculs sociaux, d’autoritarisme, de racisme. Un an plus tard, c’est le gâchis et la colère”. La manifestation contre l’austérité et pour la 6e République, organisée le 5 mai 2013 entre Bastille et Nation par l’ancien socialiste, révèle toutefois que le Front de gauche n’a pas l’intention “d’en rester là , de se rallier à l’idéologie de la défaite face aux forces de l’argent”.
Les Africains auront-ils, dans les mois Ă
venir, la même réaction que les militants du Front de gauche à l’égard de la Françafrique que le Sénégalais Makhily Gassama compare à « un monstre qui a surgi, telles des jumelles, en même temps que les indépendances qui est partout et dont l’unique objectif est de s’enrichir et de saborder les indépendances de l’Afrique en les vidant de leur substantifique moelle, en mettant et soutenant à la tête des États africains des êtres d’un autre âge – vu leur mentalité arriérée –,
venus de nulle part, corrompus, manipulables, prĂŞts Ă tous les crimes pour se maintenir au pouvoir[1]
ou bien continueront-ils à s’enfermer dans une spiritualité désincarnée, attendant que Dieu descende du Ciel pour les libérer du joug de la paupérisation et de la clochardisation? Difficile de le savoir. Ce qui est certain, en revanche, c’est que Hollande est loin d’avoir tenu les promesses faites à Dakar le vendredi 12 octobre 2012 devant les députés sénégalais. Que disait-il ce jour-là ? Que “le temps de la Françafrique était révolu” et que “les émissaires, les intermédiaires et les officines trouveraient désormais porte close à la présidence de la République française comme dans les ministères”, qu’il n’était “pas venu en Afrique pour imposer un
exemple, ni pour délivrer des leçons de morale” mais qu’il regardait “les Africains comme des partenaires et des amis”. Il ajoutait que l’amitié crée des devoirs parmi lesquels la sincérité. Il plaidait aussi
pour qu’Africains et Français se disent tout “sans ingérence mais avec exigence” et que se noue “un partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité[2]”.
Comme Hollande souhaite qu’on se dise tout et qu’on soit sincère, je voudrais profiter du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir pour lui dire sincèrement qu’il ment en parlant d’amitié entre l’Afrique et la France. On prête au général de Gaulle l’idée selon laquelle “les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts”. La France n’est pas l’amie de l’Afrique car, si le mot “amitié” était une réalité et avait un sens pour les Français, Bokassa, Mobutu et Bozizé n’auraient jamais été reniés et obligés de chercher refuge ailleurs qu’en France après leur chute; si l’amitié était vraiment une valeur chère aux Français, Jacques Chirac et Lionel Jospin se seraient rendus au Sénégal le 30 décembre 2001 pour assister aux obsèques de Léopold Sédar Senghor qui non seulement travailla pour le rayonnement politique, économique et culturel de la France mais épousa en secondes noces une Normande. Est-il nécessaire de rappeler que cette absence des hauts dirigeants de la France fut perçue par nombre d’Africains comme la seconde dévaluation de l’Afrique francophone. Pour revenir à Hollande, on doit admettre qu’il est resté au niveau de l’incantation, qu’à travers son discours dakarois, c’est la France qui a
endormi une fois de plus les Africains avec des paroles mielleuses, qu’il y a un grand fossé entre ses paroles sur l’Afrique et sa politique
africaine, que la Françafrique est plus vivante et plus nocive que jamais.
Plusieurs faits attestent que F. Hollande a trompé les Africains qui avaient cru qu’il apporterait enfin le changement dans les relations entre la France et ses anciennes colonies et qu’il n’est en rien différent de tous ses prédécesseurs mais
je me contenterai de n’en citer que trois. Premièrement, entre mai 2012
et mai 2013, on a assisté à un incessant ballet à l’Élysée de présidents africains non seulement inamovibles mais discrédités par la répression, la corruption et l’incompétence de leurs régimes.
Deuxièmement, le président français a
maintenu dans certains pays africains (Centrafrique, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Tchad) des bases militaires dont l’une des missions est de protéger et de défendre en cas de tentative de coup d’État les présidents qui veillent sur les intérêts français ou, si l’on
préfère, qui laissent la France piller nos richesses. Si l’on en croit le dernier Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, le départ des troupes françaises d’Afrique n’est pas pour demain alors
que le précédent Livre blanc (2008) préconisait de ne garder que les bases françaises de Libreville et de Djibouti. La décision de ne pas fermer les bases françaises est d’autant plus incompréhensible que le déficit public ne cesse de se creuser (Bercy réussira-t-il à le faire passer de 4, 8% du PIB en 2012 à moins de 3% fin 2014 comme l’exige Bruxelles?) et que l’État a besoin d’argent pour renflouer ses caisses.
Le troisième exemple concerne les futures élections au Mali. Alors que l’État n’existe plus que de nom et que le pays et l’armée ne sont pas encore réunifiés, Hollande tient à ce
que les Maliens aillent aux urnes le 19 juillet 2013 et il proclame haut et fort qu’il sera intraitable sur cette date. Si ceci n’est pas de
l’immixtion dans les affaires internes du Mali, qu’est-ce que ça pourrait bien ĂŞtre? Or, Ă Dakar, Hollande avait assurĂ© qu’il se garderait de toute ingĂ©rence. Et puis, si les Maliens dĂ©cident de voter Ă
un moment qui leur semble meilleur, en quoi cela empêche-t-il Hollande de bien gouverner la France et d’honorer les engagements pris pendant la
campagne électorale? L’injonction hollandienne doit cacher des desseins
inavoués. Comme le dit Demba Moussa Dembélé, l’intervention de la France au Mali “est en train de prendre l’allure d’une véritable entreprise de recolonisation du Mali… qui se présente sous le manteau de
la lutte contre le terrorisme” ! Le chercheur sénégalais considère “l’intervention française – et celles des autres pays occidentaux – au Mali et ailleurs en Afrique comme faisant partie d’une stratégie globale visant à contrôler les ressources des pays africains pour tenter de sortir de la crise du capitalisme”. Plus loin, il ajoute:
“Ce risque de recolonisation est renforcé par l’annonce de l’ouverture d’une base militaire permanente au Mali au nom de la lutte contre le terrorisme[3]”. Le Nouvel Observateur
du 7 février 2013 abonde dans le même sens lorsqu’il écrit: “L’avenir des intérêts français au Mali et dans la sous-région, avec notamment l’uranium du Niger exploité par AREVA, est l’aiguillon principal de cette intervention. Donc,celle-ci est essentiellement motivée par la nécessité de protéger les intérêts stratégiques et économiques de la France.” Et pourtant, on nous a fait croire que la France allait au Mali pour sauver les Maliens des Djihadistes coupeurs de mains et distributeurs de coups de fouet. Les médias occidentaux dont plus personne ne doute que plusieurs d’entre eux sont aux ordres du politique
devaient faire avaler ces couleuvres. Noam Chomsky et Edward Herman appellent cela de la propagande et soutiennent que les démocraties se servent de cette propagande vehiculée par les journaux et télévisions pour formater l’opinion publique et obtenir ainsi le feu vert de la population pour des causes obscures[4].
Mais gare à quiconque osera prendre le contrepied de la propagande! L’ire des prétendus bienfaiteurs et pseudo-libérateurs ne tardera pas à s’abattre sur lui (elle). C’est le cas d’Aminata Traoré à qui le consulat de France à Bamako refusa en avril dernier le
renouvellement de son visa. L’ancienne ministre de la Culture était invitée par la Fondation Rosa-Luxemburg et le journal Prokla et l’association AfricAvenir à participer à une conférence à Berlin, du 17 au 19 avril, sur le thème « Le Mali à la croisée des chemins, après l’intervention militaire et avant les élections ». A. Traoré ne put se rendre en France après l’Allemagne parce que, très tôt, elle ne cacha pas son opposition à l’opération “Serval”. Pour elle, en effet, « la guerre qui a été imposée aujourd’hui au Mali n’est pas une guerre de libération du peuple malien, mais une guerre de pillage des ressources, (…) une guerre de positionnement pour une ancienne puissance coloniale ». La France de Hollande n’a pas accepté que son jeu soit ainsi dévoilé. Elle décida alors de punir celle dont le seul crime est d’avoir mis les pieds dans le plat. La France se targue d’être un grand pays et la “patrie des droits de l’homme”. Or dire ce que l’on pense est
un droit inaliénable. Fermer le territoire français à une personne qui a
eu le courage de parler des vrais enjeux de l’intervention française au
Mali, la punir parce qu’elle a refusé d’aboyer avec la meute ou de souscrire au jeu trouble de la France, ce n’est donc pas seulement être en contradiction avec ses propres principes. C’est surtout faire preuve de mesquinerie et de petitesse. Mais, comme le note opportunément Rosa Moussaoui, “empêcher que s’exprime une voix qui compte en Afrique, en privant cette intellectuelle de la liberté de circulation, voilà qui nous éloigne des belles intentions démocratiques affichées, à Bamako et Tombouctou, par le président Hollande[5]”.
Et Demba Dembélé enfonce le clou en faisant remarquer que “la France s’est déshonorée en interdisant son territoire à une intellectuelle de cette envergure. La patrie de Jean-Paul Sartre, le philosophe qui a dominé son siècle et a été de tous les combats pour l’émancipation des peuples opprimés, a définitivement perdu son lustre et son rayonnement intellectuel. Oui, la France est vraiment tombée très bas, avec la montée inexorable de la xénophobie et du racisme[6].”
Je pourrais citer aussi le cas de la Côte d’Ivoire où l’assassinat du Français Philippe Rémond par les FRCI, l’emprisonnement sans jugement du Franco-Ivoirien Michel Gbagbo et la détention arbitraire des dirigeants du FPI n’ont jamais ému M. Hollande et cela pour une double raison: le tort de toutes ces personnes est d’avoir supporté Laurent Gbagbo qui a lutté de toutes ses forces pour la
souveraineté de la Côte d’Ivoire; d’autre part, celui qui organise journellement la traque et la persécution des pro-Gbagbo travaille pour l’État francais. Or celui-ci ne tolère pas qu’on l’empêche de piller le cacao, le pétrole, le gaz, l’or et les autres ressources naturelles du pays. En 1963 déjà , il prouva que personne ne doit lui résister en poussant Houphouët-Boigny à faire arrêter et incarcérer les jeunes cadres du PDCI qui ne supportaient pas que la France soit encore trop puissante dans une Côte d’Ivoire indépendante et qu’à compétences égales
les expatriés français soient mieux payés qu’eux.
Tout ce qui prĂ©cède nous fait voir que la politique africaine de la France n’a pas changĂ© sous François Hollande. Seuls les naĂŻfs pourraient penser que l’ancien maire de Tulle est diffĂ©rent de Sarkozy, croire que l’armĂ©e française a dĂ©barquĂ© au Mali pour les beaux yeux des Maliens ou bien pour renvoyer l’ascenseur Ă
une Afrique qui combattit aux côtés de la France pendant les deux premières guerres mondiales.
Karl Marx aimait à dire qu’il ne s’agit pas de se contenter d’expliquer le monde mais de le transformer. Comment
pouvons-nous transformer notre situation? Que devons-nous faire pour que les choses changent? Le même Marx a écrit des lignes splendides sur la religion. Il dit par exemple ceci: “La religion est chargée de donner
une apparence de spiritualité à un monde matérialiste qui transforme les hommes en choses, en force productive. Mais elle est aussi là pour que rien ne change, pour obtenir le consentement de la population. Elle est donc ce mensonge qui nous permet de supporter le monde dans lequel nous vivons[7]”.
Je vois des hommes et femmes passer tout leur temps dans les églises. Ces personnes ne font que prier. Je ne suis pas contre la prière. Je veux simplement dire que la vraie prière doit déboucher sur l’action ou l’engagement et qu’une lecture profonde de la Bible montre que le Dieu de Moïse et de Jésus-Christ ne prend pas son parti de l’oppression, de l’injustice, de la discrimination ou de la domination mais qu’Il nous appelle, comme Moïse et Jésus, non pas à supporter (subir) le monde mais
Ă le transformer en affrontant d’une manière ou d’une autre les Pharaons et HĂ©rodes qui affament, torturent ou assassinent l’homme créé Ă
son image et resemblance.
Jean-Claude DJEREKE
Chercheur au Cerlecad, Ottawa, (Canada)
et auteur de “L’Afrique et le défi de la seconde indépendance”, Paris, L’Harmattan, 2012.
[1] Cf. M. Gassama, « Un demi-siècle d’aventure ambiguë », 50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique ?, Paris, Éditions Philippe Rey, 2010, p. 156.
[2] Le Monde du 12 octobre 2012.
[3] Demba Dembélé, “ L’affaire Aminata Traoré: une honte pour la France!”, www.cameroonvoice.com du 10 mai 2013.
[4] N. Chomsky et E. Herman, La fabrique du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, New York, Pantheon Books, 1988.
[5] Cf. L’Humanité du 22 avril 2013.
[6] Demba Dembélé, “ L’affaire Aminata Traoré: une honte pour la France!”, www.cameroonvoice.com du 10 mai 2013.
[7] K. Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel (1843).
Simone Ehivet Gbagbo, l’épouse officielle de Laurent
Gbagbo, ancien chef de l’Etat ivoirien, a été (re)embarquée, à bord d’un
hélicoptère de l’Onuci, ce mercredi 08 mai 2013, aux environs 13 h en
direction d’Odienné ( Nord), la tête, soigneusement enveloppée dans un
bandage, voire un pansement, selon une source médicale.
Dans le service de cette grande clinique d’Abidjan
où l’ex-député d’Abobo fut admise une semaine plus tôt, les langues se
délient. On fait état, notamment, « de plaies et autres contusions
de mauvaise augure» qui auraient sérieusement affecté « son cuir
chevelu ». « Son état de santé nécessitait une prise en charge
médicale immédiate » nous confie notre source.
Ce spécialiste avec qui nous nous sommes entretenu le
mercredi 08 mai 2013, le jour mĂŞme du retour de l’ex-première Ă
Odienné dans sa résidence surveillée, affirme, notamment « que Simone
Gbagbo était à deux doigts de perdre sa voute crânienne du fait de ces
plaies très complexes qui la ronge ». Pour dire les choses de façon
prosaĂŻque, Simone Ehivet Gbagbo a des plaies sur la tĂŞte, sous ces
cheveux, au point qu’elle souffre « d’un traumatisme cranio-cérébral
».
Notre interlocuteur, qui a formellement requis
l’anonymat, s’est toutefois gardé de se prononcer sur l’origine de ces
plaies, affirmant néanmoins que « la cicatrisation ne peut pas prendre
assez de temps, car ce sont des lĂ©sions qui ne sont pas consĂ©cutives Ă
des fractures ».
Pour lui administrer, de façon adéquate, les soins
médicaux « dont elle a besoin » selon le ministre de la justice et des
droits de l’homme, Coulibaly Gnenema, les « médecins ont coupé les
cheveux très courts » à leur patiente. Objets contondants, usage sans
modération de produits de soins des cheveux, on ne sait toujours pas
l’origine des lésions que portent Simone Gbagbo sur la tête. « La
principale fonction du cuir chevelu c’est d’offrir une protection, en
plus de la boîte crânienne, au cerveau » ajoute notre source. « C’est
ce qui fait aussi son principal danger en cas de lésion », a-t-il
précisé.
Armand B. DEPEYLA
La Commission électorale indépendante ivoirienne (CEI) a publié
vendredi 27 avril la totalité des résultats des élections municipales et
régionales du 21 avril dernier. Un scrutin émaillé de violences et
boycotté par le Front populaire ivoirien (FPR), principal parti
d'opposition. Ces élections confirment l'ancrage local du Rassemblement
des républicains (RDR) – le parti d'Alassane Ouattara, qui était
pourtant censé faire alliance avec le Parti démocratique de Côte
d'Ivoire (PDCI), l'ancien parti unique. Une alliance qui avait permis Ă
Alassane Ouattara de gagner la présidentielle de 2010 mais qui semble
bien affaiblie.
Les journaux proches du RDR et du PDCI sont les premiers Ă enterrer
l'alliance du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la
paix (RHDP) : chaque camp y compte ses points. Quant aux rares candidats
qui ont gagné sous la bannière unifiée, la presse rappelle leur
appartenance Ă l'un ou l'autre des partis politiques. Le rassemblement
semble donc consumé, d'autant que de nombreux candidats des deux partis
se sont affrontés dans plusieurs villes ou régions, certains contestant violemment le verdict des urnes.
Moins de 10 personnes ont fait campagne au nom du RHDP pour les
municipales, sur 659 candidatures. Selon plusieurs observateurs, c'est
la preuve que l'alliance a volé en éclats. Ils l'expliquent notamment
par les dissensions au sein mĂŞme du RDR : de nombreux membres du parti
présidentiel qui n'avaient pas été désignés par la direction se sont
présentés en indépendants, et beaucoup ont été élus.
Le 18 mai prochain l'alliance fêtera ses 8 ans à Paris en présence de
nombreux cadres du RDR et du PDCI – l'occasion de relancer le processus
aux yeux de ceux qui y croient encore –, alors que la candidature
d'Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015 semble se confirmer. Source : RFI
Les déclarations de patrimoine de Jean-Marc Ayrault et des 37 ministres ont été publiées lundi 15 avril peu après 18 heures sur le site Internet declarations-patrimoine.gouvernement.fr.
Initialement attendue pour 17 heures, la publication inédite de ces patrimoines a été retardée par Matignon pour des raisons de "sécurité" et d'"accessibilité" du site.
Ces déclarations recensent, par pôles ministériels, les biens immobiliers, véhicules, bijoux, mais pas les déclarations d'impôts.
- Jean-Marc Ayrault, premier ministre (.pdf),
déclare un patrimoine de 1,55 millions d'euros composé notamment d'une résidence principale à Nantes (650 000 euros), d'une résidence secondaire dans le Morbihan (540 000 euros), et de contrats d'assurances-vie à son nom et celui de sa femme. Il n'oublie pas son vieux Combi Volkswagen de 1988 évalué à ... 1 000 euros.
- Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères (.pdf),
fait partie des plus fortunés avec un patrimoine estimé à 6,07 millions
d'euros, composé notamment d'un appartement à Paris (2,7 millions d'euros), de deux résidences secondaires, de placements en Bourse (1,284 millions d'euros) et d' une Assurance vie de (516 349 euros). Il apparaît dans sa déclaration que le ministre a fait des placements qui permettent de réduire son impôt sur le revenu ou son impôt sur la fortune (ISF).
- Michel Sapin, le ministre des affaires sociales (.pdf) est
un des autres très gros patrimoine du gouvernement, avec 2,15 millions d'euros. Il possède de nombreux biens immobiliers, notamment à Argenton-sur-Creuse, ville dont il était maire jusqu'à son entrée au gouvernement, où il détient une propriété de 433 ha, mais aussi un appartement dans le 7e arrondissement de Paris, une maison en Savoie et un autre à l'île d'Yeu. Peut-être est-ce pour s'y rendre qu'il est aussi propriétaire d'un petit bâteau "pêche promenade" (d'une valeur de 4 000 euros) ?
- Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances (.pdf), détient un patrimoine comparativement modeste, estimé à 268 000 euros. Il détient principalement un appartement de 125 m2
à Montbéliard (Doubs) et un peu d'épargne. Particularité intéressante pour un ministre de l'économie, en ses temps de rigueur budgétaire, Pierre Moscovici, contrairement à la plupart de ses collègues, n'est pas
endetté.
Ce qui n'est pas le cas de la plupart de ses collègues, souvent propriétaires mais tributaires de lourds emprunts.
- Vincent Peillon, ministre de l'éducation (.pdf), déclare une maison à 650 000 euros dans l'Essonne, plus de 33 000 euros sur diverses comptes bancaires, et trois prêts "habitat" souscrits en 2012 et 2013 (d'une valeur totale de 530 000 euros, soit près de 4 000 euros à rembourser chaque mois).
- Bernard Cazeneuve, le ministre du budget (.pdf)
possède une maison valant 550 000 euros à Lamorlaye (Oise). Mais il rembourse plusieurs prêts pour un total de 410 000 euros, soit 3 200 euros de mensualités.
- Manuel Valls, ministre de l'intérieur (.pdf), est propriétaire d'un appartement à Evry, estimé à 284 500 euros et pour lequel il rembourse encore un prêt immobilier (306 000 euros). Il détient 1 % d'une SCI pour un appartement de 44 m2 à Paris, et annonce environ 80 000 euros de meubles et objets divers.
- Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif (.pdf),
déclare posséder 40 % d'un appartement parisien d'une valeur actuelle de 890 000 euros, et plusieurs comptes bancaires où sont repartis 321 420 euros. Il lui reste près de 95 000 de prêts immobiliers à rembourser.
- Aurélie Filippetti, ministre de la culture (.pdf), déclare un seul bien – en plus de 10 euros sur cinq comptes bancaires différents – mais c'est un appartement de 71 m2 dans le 5e arrondissement de Paris, d'une valeur de 710 000 euros. Il lui reste cependant 313 000 euros à rembourser via deux crédits immobiliers souscrits en 2009.
Sans surprise, les patrimoines les plus modestes sont Ă chercher parmi les ministres les plus jeunes :
- Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, 35 ans (.pdf),
est ainsi l'une des rares ministres à ne pas être propriétaire. Son patrimoine de 106 000 euros est principalement composé d'épargne bancaire, et d'un scooter.
- Delphine Batho, ministre de l'écologie, 40 ans (.pdf),
déclare l'un des plus faibles patrimoines de l'ensemble du gouvernement. Elle ne possède selon sa déclaration que 16 000 euros d'épargne mais près de 100 000 euros de meubles.
Certaines déclarations étonnent par leur précision :
- Christiane Taubira, ministre de la justice (.pdf),
a estimé jusqu'à la valeur de ses trois vélos dont un de 1996 (200 euros)... Elle déclare par ailleurs deux maisons et des terrains à Cayenne (Guyane), qui portent son patrimoine déclaré à un peu plus de 440 000 euros.
Tandis que la ministre de la justice estime ses vieux vélos, quatre ministres n'ont pas pris la peine de faire évaluer la valeur de leurs voitures. Si la Peugeot 206 et la Renault Clio de Frédéric Cuvillier (.pdf) ne doivent plus valoir grand chose, avec respectivement 113500 et 77800 kilomètres au compteur, Jean-Yves Le Drian (.pdf) omet les deux voitures partagées avec sa femme (d'une valeur cumulée de près de 15 000 euros à l'argus).
- Outre ces voitures, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian détient un peu moins de 600 000 euros de patrimoine. Il est notamment propriétaire d'une maison de vacances à Guidel, en Bretagne, évaluée à 800 000 euros et pour laquelle il rembourse un prêt immobilier.
- Michèle Delaunay, la ministre déléguée aux personnes âgées(.pdf) avait pris les devants et révélé son patrimoine dans Sud Ouest dès lundi matin en indiquant que c'était "une épreuve".
Ancien médecin des hôpitaux, elle est en effet, avec Laurent Fabius, la
ministre la plus riche, avec un patrimoine d'environ 5,3 millions d'euros, incluant la part de son conjoint fonctionnaire européen en retraite. Ce chiffre inclut 2,1 millions d'euros de biens immobiliers, avec deux biens à Bordeaux, un à Arcachon et un à Hossegor. Elle est l'une des ministres détenant les placements les plus importants (1,1 million d'euros), avec une bonne part placés en bourse.
VOYEURISME
Rassemblées en fin de semaine dernière par le secrétariat général du gouvernement, ces déclarations ont été numérisées par le Service d'information du gouvernement (SIG).
Un projet de loi, présenté en Conseil des ministres, devrait prévoir que cette obligation soit étendue aux parlementaires, présidents de collectivités territoriales, membres des cabinets ministériels et directeurs d'administration centrale.
Comme Michèle Delaunay, une dizaine de ministres avaient pris les devants en dévoilant ces derniers jours leur patrimoine comme Arnaud Montebourg (redressement productif), Marie-Arlette Carlotti (exclusion), Cécile Duflot (logement), ou Marisol Touraine (santé).
Annoncée pour tenter d'éteindre l'incendie allumé par l'affaire Jérôme Cahuzac, cette publication est loin de faire l'unanimité au sein de la majorité, certains, comme le président PS de l'Assemblée, Claude Bartolone, y décelant une forme de "voyeurisme".
D'après les sondages, une majorité de Français sont favorables à cette publication.
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