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Pour une véritable démocratie dans l’espace CEDEAO

Publié: May 13, 2013 par admin Filed under: Economie CEDEAO Politique Afrique


Les propositions des sociétés civiles ouest-africaines

L'Afrique de l'Ouest est la région la plus instable de l'Afrique. Elle a enregistré le grand nombre de perturbations de l'ordre constitutionnel et de tentatives de coups d'Etat, depuis la ratification de la Charte de l’Union Africaine de la démocratie, des élections et la gouvernance en 2007. Face à cette instabilité récurrente, le Réseau Ouest Africain pour la Surveillance des Elections (ROASE) a réuni ses membres du 5 au 8 mai 2013 à Abuja, au Nigeria, pour discuter des résultats préliminaires d’une étude sur l’état de la ratification et la mise en œuvre de la Charte de l’Union Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance dans la sous-région. Invité par le ROASE, le Coordonnateur national de la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), le Dr Christophe Kouamé, a participé à cette rencontre. Le réseau a lancé un appel à tous les gouvernements en Afrique de l’Ouest à faire preuve de plus d'engagement vers la consolidation de la démocratie dans leur pays en appliquant pleinement les principes de la Charte africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance. Le ROASE a aussi encouragé les pays africains qui n'ont pas encore signé et ratifié ladite Charte, notamment la Côte d’Ivoire, à en faire une priorité. La société civile et les députés ont été invités à relever le défi de la vulgarisation de cette Charte et celui du plaidoyer pour sa signature, sa ratification et sa mise en œuvre ultérieure. Cet appel a été élargi aux institutions internationales comme l'ONU, l'UA et la CEDEAO, en vue de contribuer au renforcement et à la consolidation de la démocratie sur le continent. Le ROASE est une coalition de groupes citoyens non partisans d'observation de 11 pays Ouest-Africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Nigeria, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Togo).

H.O


La Françafrique est plus vivante et plus nocive que jamais

Publié: May 13, 2013 par admin Filed under: Politique Afrique


Le 6 mai 2013, le cĹ“ur n’était pas du tout Ă  la fĂŞte au palais de l’ÉlysĂ©e comme Ă  la rue Solferino (siège du Parti socialiste) pour des raisons que l’on peut aisĂ©ment deviner:  la politique d’austĂ©ritĂ© (30 milliards d’euros soustraits de la circulation Ă©conomique du pays) qui, pour Jean-Luc MĂ©lenchon, conduit inexorablement la France Ă  l’enlisement, le chĂ´mage qui n’arrĂŞte pas de grimper, l’affaire JĂ©rĂ´me Cahuzac (accusĂ© par les fins limiers de Mediapart de possĂ©der un compte en Suisse, l’ancien ministre du Budget nia devant l’AssemblĂ©e nationale avoir ouvert un compte Ă  l’étranger avant de se rĂ©tracter devant les juges, ce qui le contraignit Ă  quitter le gouvernement le 19 mars) qui a laissĂ© le sentiment que le PS est loin d’être une poche de moralitĂ© et de pratiquer lui-mĂŞme ce qu’il demande aux autres, la baisse continue de François Hollande dans les sondages (en avril 2013, seuls 23% des Français se disaient satisfaits de son action selon un sondage IFOP pour “Le Journal du dimanche”) et, last but not least, la loi sur le mariage gay qui a profondĂ©ment divisĂ© la sociĂ©tĂ© française. Pourquoi Hollande est-il tombĂ© en disgrâce en si peu de temps? Pourquoi est-il crĂ©ditĂ© par les derniers sondages d’un score jamais atteint sous la Ve RĂ©publique? Que lui reproche-t-on?

Pour Philippe Poutou, ancien candidat Ă  la prĂ©sidentielle et porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), la politique de F. Hollande n’est guère diffĂ©rente de celle de Sarkozy. “La continuitĂ© va mĂŞme, poursuit-il, jusqu’à des choses que l’on n’aurait pas imaginĂ©es de la part d’un gouvernement de gauche: la question du dĂ©mantèlement des camps Rom ou celle de la rĂ©gularisation des sans-papiers, oĂą c’est le mĂŞme chiffre [le nombre de reconduites Ă  la frontière] que celui de GuĂ©ant [l’ancien ministre de l’IntĂ©rieur] qui est visé”. Marine Le Pen, qui s’exprimait sur LCI, qualifie, elle, de catastrophique la première annĂ©e de Hollande. Selon la prĂ©sidente du Front national, Hollande ne se distingue pas de n’importe quel autre haut fonctionnaire. Mais la charge la plus violente est venue du co-prĂ©sident du Parti de Gauche (PG). En voici un extrait: “Il y a un an, la majoritĂ© de la France (...) a clairement choisi la voie du changement, de la rupture avec dix annĂ©es de reculs sociaux, d’autoritarisme, de racisme. Un an plus tard, c’est le gâchis et la colère”. La manifestation contre l’austĂ©ritĂ© et pour la 6e RĂ©publique, organisĂ©e le 5 mai 2013 entre Bastille et Nation par l’ancien socialiste, rĂ©vèle toutefois que le Front de gauche n’a pas l’intention “d’en rester lĂ , de se rallier Ă  l’idĂ©ologie de la dĂ©faite face aux forces de l’argent”.

Les Africains auront-ils, dans les mois Ă  venir, la mĂŞme rĂ©action que les militants du Front de gauche Ă  l’égard de la Françafrique que le SĂ©nĂ©galais Makhily Gassama compare Ă  « un monstre qui a surgi, telles des jumelles, en mĂŞme temps que les indĂ©pendances qui est partout et dont l’unique objectif est de s’enrichir et de saborder les indĂ©pendances de l’Afrique en les vidant de leur substantifique moelle, en mettant et soutenant Ă  la tĂŞte des États africains des ĂŞtres d’un autre âge – vu leur mentalitĂ© arriĂ©rĂ©e –, venus de nulle part, corrompus, manipulables, prĂŞts Ă  tous les crimes pour se maintenir au pouvoir[1] ou bien continueront-ils Ă  s’enfermer dans une spiritualitĂ© dĂ©sincarnĂ©e, attendant que Dieu descende du Ciel pour les libĂ©rer du joug de la paupĂ©risation et de la clochardisation? Difficile de le savoir. Ce qui est certain, en revanche, c’est que Hollande est loin d’avoir tenu les promesses faites Ă  Dakar le vendredi 12 octobre 2012 devant les dĂ©putĂ©s sĂ©nĂ©galais. Que disait-il ce jour-lĂ ? Que “le temps de la Françafrique Ă©tait rĂ©volu” et  que “les Ă©missaires, les intermĂ©diaires et les officines trouveraient dĂ©sormais porte close  Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique française comme dans les ministères”, qu’il n’était “pas venu en Afrique pour  imposer un exemple, ni pour dĂ©livrer des leçons de morale” mais qu’il regardait “les Africains comme des partenaires et des amis”. Il ajoutait que l’amitiĂ© crĂ©e des devoirs parmi lesquels la sincĂ©ritĂ©. Il plaidait aussi pour qu’Africains et Français se disent tout “sans ingĂ©rence mais avec exigence” et que se noue “un partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondĂ©es sur le respect, la clartĂ© et la solidaritĂ©[2]”.

Comme Hollande souhaite qu’on se dise tout et qu’on soit sincère, je voudrais profiter du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir pour lui dire sincèrement qu’il ment en parlant d’amitié entre l’Afrique et la France. On prête au général de Gaulle l’idée selon laquelle “les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts”. La France n’est pas l’amie de l’Afrique car, si le mot “amitié” était une réalité et avait un sens pour les Français, Bokassa, Mobutu et Bozizé n’auraient jamais été reniés et obligés de chercher refuge ailleurs qu’en France après leur chute; si l’amitié était vraiment une valeur chère aux Français, Jacques Chirac et Lionel Jospin se seraient rendus au Sénégal le 30 décembre 2001 pour assister aux obsèques de Léopold Sédar Senghor qui non seulement travailla pour le rayonnement politique, économique et culturel de la France mais épousa en secondes noces une Normande. Est-il nécessaire de rappeler que cette absence des hauts dirigeants de la France fut perçue par nombre d’Africains comme la seconde dévaluation de l’Afrique francophone. Pour revenir à Hollande, on doit admettre qu’il est resté au niveau de l’incantation, qu’à travers son discours dakarois, c’est la France qui a endormi une fois de plus les Africains avec des paroles mielleuses, qu’il y a un grand fossé entre ses paroles sur l’Afrique et sa politique africaine, que la Françafrique est plus vivante et plus nocive que jamais.

Plusieurs faits attestent que F. Hollande a trompé les Africains qui avaient cru qu’il apporterait enfin le changement dans les relations entre la France et ses anciennes colonies et qu’il n’est en rien différent de tous ses prédécesseurs mais je me contenterai de n’en citer que trois. Premièrement, entre mai 2012 et mai 2013, on a assisté à un incessant ballet à l’Élysée de présidents africains non seulement inamovibles mais discrédités par la répression, la corruption et l’incompétence de leurs régimes.

Deuxièmement, le président français a maintenu dans certains pays africains (Centrafrique, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Tchad) des bases militaires dont l’une des missions est de protéger et de défendre en cas de tentative de coup d’État les présidents qui veillent sur les intérêts français ou, si l’on préfère, qui laissent la France piller nos richesses. Si l’on en croit le dernier Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, le départ des troupes françaises d’Afrique n’est pas pour demain alors que le précédent Livre blanc (2008) préconisait de ne garder que les bases françaises de Libreville et de Djibouti. La décision de ne pas fermer les bases françaises est d’autant plus incompréhensible que le déficit public ne cesse de se creuser (Bercy réussira-t-il à le faire passer de 4, 8% du PIB en 2012 à moins de 3% fin 2014 comme l’exige Bruxelles?) et que l’État a besoin d’argent pour renflouer ses caisses.

Le troisième exemple concerne les futures Ă©lections au Mali. Alors que l’État n’existe plus que de nom et que le pays et l’armĂ©e ne sont pas encore rĂ©unifiĂ©s, Hollande tient Ă  ce que les Maliens aillent aux urnes le 19 juillet 2013 et il proclame haut et fort qu’il sera intraitable sur cette date. Si ceci n’est pas de l’immixtion dans les affaires internes du Mali, qu’est-ce que ça pourrait bien ĂŞtre? Or, Ă  Dakar, Hollande avait assurĂ© qu’il se garderait de toute ingĂ©rence. Et puis, si les Maliens dĂ©cident de voter Ă  un moment qui leur semble meilleur, en quoi cela empĂŞche-t-il Hollande de bien gouverner la France et d’honorer les engagements pris pendant la campagne Ă©lectorale? L’injonction hollandienne doit cacher des desseins inavouĂ©s. Comme le dit Demba Moussa DembĂ©lĂ©, l’intervention de la France au Mali “est en train de prendre l’allure d’une vĂ©ritable entreprise de recolonisation du Mali… qui se prĂ©sente sous le manteau de la lutte contre le terrorisme” ! Le chercheur sĂ©nĂ©galais considère “l’intervention française – et celles des autres pays occidentaux – au Mali et ailleurs en Afrique comme faisant partie d’une stratĂ©gie globale visant Ă  contrĂ´ler les ressources des pays africains pour tenter de sortir de la crise du capitalisme”. Plus loin, il ajoute: “Ce risque de recolonisation est renforcĂ© par l’annonce de l’ouverture d’une base militaire permanente au Mali au nom de la lutte contre le terrorisme[3]”. Le Nouvel Observateur du 7 fĂ©vrier 2013 abonde dans le mĂŞme sens lorsqu’il Ă©crit: “L’avenir des intĂ©rĂŞts français au Mali et dans la sous-rĂ©gion, avec notamment l’uranium du Niger exploitĂ© par AREVA, est l’aiguillon principal de cette intervention. Donc,celle-ci est essentiellement motivĂ©e par la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger les intĂ©rĂŞts stratĂ©giques et Ă©conomiques de la France.” Et pourtant, on nous a fait croire que la France allait au Mali pour sauver les Maliens des Djihadistes coupeurs de mains et distributeurs de coups de fouet. Les mĂ©dias occidentaux dont plus personne ne doute que plusieurs d’entre eux sont aux ordres du politique devaient faire avaler ces couleuvres. Noam Chomsky et Edward Herman appellent cela de la propagande et soutiennent que les dĂ©mocraties se servent de cette propagande vehiculĂ©e par les journaux et tĂ©lĂ©visions pour formater l’opinion publique et obtenir ainsi le feu vert de la population pour des causes obscures[4]. Mais gare Ă  quiconque osera prendre le contrepied de la propagande! L’ire des prĂ©tendus bienfaiteurs et pseudo-libĂ©rateurs ne tardera pas Ă  s’abattre sur lui (elle). C’est le cas d’Aminata TraorĂ© Ă  qui le consulat de France Ă  Bamako refusa en avril dernier le renouvellement de son visa. L’ancienne ministre de la Culture Ă©tait invitĂ©e par la Fondation Rosa-Luxemburg et le journal Prokla et l’association AfricAvenir Ă  participer Ă  une confĂ©rence Ă  Berlin, du 17 au 19 avril, sur le thème « Le Mali Ă  la croisĂ©e des chemins, après l’intervention militaire et avant les Ă©lections ». A. TraorĂ© ne put se rendre en France après l’Allemagne parce que, très tĂ´t, elle ne cacha pas son opposition Ă  l’opĂ©ration “Serval”. Pour elle, en effet, « la guerre qui a Ă©tĂ© imposĂ©e aujourd’hui au Mali n’est pas une guerre de libĂ©ration du peuple malien, mais une guerre de pillage des ressources, (…) une guerre de positionnement pour une ancienne puissance coloniale ». La France de Hollande n’a pas acceptĂ© que son jeu soit ainsi dĂ©voilĂ©. Elle dĂ©cida alors de punir celle dont le seul crime est d’avoir mis les pieds dans le plat. La France se targue d’être un grand pays et la “patrie des droits de l’homme”. Or dire ce que l’on pense est un droit inaliĂ©nable. Fermer le territoire français Ă  une personne qui a eu le courage de parler des vrais enjeux de l’intervention française au Mali, la punir parce qu’elle a refusĂ© d’aboyer avec la meute ou de souscrire au jeu trouble de la France, ce n’est donc pas seulement ĂŞtre en contradiction avec ses propres principes. C’est surtout faire preuve de mesquinerie et de petitesse. Mais, comme le note opportunĂ©ment Rosa Moussaoui, “empĂŞcher que s’exprime une voix qui compte en Afrique, en privant cette intellectuelle de la libertĂ© de circulation, voilĂ  qui nous Ă©loigne des belles intentions dĂ©mocratiques affichĂ©es, Ă  Bamako et Tombouctou, par le prĂ©sident Hollande[5]”. Et Demba DembĂ©lĂ© enfonce le clou en faisant remarquer que “la France s’est dĂ©shonorĂ©e en interdisant son territoire Ă  une intellectuelle de cette envergure. La patrie de Jean-Paul Sartre, le philosophe qui a dominĂ© son siècle et a Ă©tĂ© de tous les combats pour l’émancipation des peuples opprimĂ©s, a dĂ©finitivement perdu son lustre et son rayonnement intellectuel. Oui, la France est vraiment tombĂ©e très bas, avec la montĂ©e inexorable de la xĂ©nophobie et du racisme[6].”

Je pourrais citer aussi le cas de la CĂ´te d’Ivoire oĂą l’assassinat du Français Philippe RĂ©mond par les FRCI, l’emprisonnement sans jugement  du Franco-Ivoirien Michel Gbagbo et la dĂ©tention arbitraire des dirigeants du FPI n’ont jamais Ă©mu M. Hollande et cela pour une double raison: le tort de toutes ces personnes est d’avoir supportĂ© Laurent Gbagbo qui a luttĂ© de toutes ses forces pour la souverainetĂ© de la CĂ´te d’Ivoire; d’autre part, celui qui organise journellement la traque et la persĂ©cution des pro-Gbagbo travaille pour l’État francais. Or celui-ci ne tolère pas qu’on l’empĂŞche de piller le cacao, le pĂ©trole, le gaz, l’or et les autres ressources naturelles du pays. En 1963 dĂ©jĂ , il prouva que personne ne doit lui rĂ©sister en poussant HouphouĂ«t-Boigny Ă  faire arrĂŞter et incarcĂ©rer les jeunes cadres du PDCI qui ne supportaient pas que la France soit encore trop puissante dans une CĂ´te d’Ivoire indĂ©pendante et qu’à compĂ©tences Ă©gales les expatriĂ©s français soient mieux payĂ©s qu’eux.

Tout ce qui précède nous fait voir que la politique africaine de la France n’a pas changé sous François Hollande. Seuls les naïfs pourraient penser que l’ancien maire de Tulle est différent de Sarkozy, croire que l’armée française a débarqué au Mali pour les beaux yeux des Maliens ou bien pour renvoyer l’ascenseur à une Afrique qui combattit aux côtés de la France pendant les deux premières guerres mondiales.

Karl Marx aimait Ă  dire qu’il ne s’agit pas de se contenter d’expliquer le monde mais de le transformer. Comment pouvons-nous transformer  notre situation? Que devons-nous faire pour que les choses changent? Le mĂŞme Marx a Ă©crit des lignes splendides sur la religion. Il dit par exemple ceci: “La religion est chargĂ©e de donner une apparence de spiritualitĂ© Ă  un monde matĂ©rialiste qui transforme les hommes en choses, en force productive. Mais elle est aussi lĂ  pour que rien ne change, pour obtenir le consentement de la population. Elle est donc ce mensonge qui nous permet de supporter le monde dans lequel nous vivons[7]”. Je vois des hommes et femmes passer tout leur temps dans les Ă©glises. Ces personnes ne font que prier. Je ne suis pas contre la prière. Je veux simplement dire que la vraie prière doit dĂ©boucher sur l’action ou l’engagement et qu’une lecture profonde de la Bible montre que le Dieu de MoĂŻse et de JĂ©sus-Christ ne prend pas son parti de l’oppression, de l’injustice, de la discrimination ou de la domination mais qu’Il nous appelle, comme MoĂŻse et JĂ©sus, non pas Ă  supporter (subir) le monde mais Ă  le transformer en affrontant d’une manière ou d’une autre les Pharaons et HĂ©rodes qui affament, torturent ou assassinent l’homme créé Ă  son image et  resemblance.

 

Jean-Claude DJEREKE

 Chercheur au Cerlecad, Ottawa, (Canada) et auteur de “L’Afrique et le dĂ©fi de la seconde indĂ©pendance”, Paris, L’Harmattan, 2012.

 


[1] Cf. M. Gassama, « Un demi-siècle d’aventure ambiguĂ« », 50 ans après, quelle indĂ©pendance pour l’Afrique ?, Paris, Éditions Philippe Rey, 2010, p. 156.

 

[2] Le Monde du 12 octobre 2012.

 

[3] Demba DembĂ©lĂ©, “ L’affaire Aminata TraorĂ©: une honte pour la France!”,  www.cameroonvoice.com du 10 mai 2013.

 

[4] N. Chomsky et E. Herman, La fabrique du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, New York, Pantheon Books, 1988.

 

[5] Cf. L’Humanité du 22 avril 2013.

 

[6] Demba DembĂ©lĂ©, “ L’affaire Aminata TraorĂ©: une honte pour la France!”,  www.cameroonvoice.com du 10 mai 2013.

 

[7] K. Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel (1843).


COTE D'IVOIRE : Qui veut chasser Duncan du Gouvernement ?

Publié: Mar 8, 2013 par admin Filed under: Politique CĂ´te d'Ivoire

Le chef du gouvernement ivoirien serait sur la sellette. Depuis quelques jours une certaine presse fait du limogeage du Premier Ministre son choux-gras. Quand bien même Alassane Ouattara et Daniel Kablan Duncan filent le bon coton , des individus tapis dans les ténèbres jurent de voir le chef de l’Etat débanquer son plus proche collaborateur. Qui veut donc chasser Duncan ? Question.

Gisèle Tienfô

Source : LE DéMOCRATE

Affaire Ă  suivre...


Kabran Appiah, Pdt Mnc et candidat aux municipales : Pourquoi j’ai pris l’argent du gouvernement

Publié: Mar 8, 2013 par admin Filed under: Politique CĂ´te d'Ivoire

Le leader du Mouvement alternative citoyenne (Mnc), Kabran Appiah, compte joindre l’acte à la parole en allant aux élections conformément à la promesse qu’il a faite de prendre une part active au jeu politique, après son retour d’exil.

Des partis d’opposition dont le Mouvement alternative citoyenne prendront part aux élections municipales et régionales. A laquelle des élections êtes-vous personnellement candidat ?
Je suis candidat aux municipales à Abengourou. Je conduis une liste indépendante en personne, mais pas au titre de mon parti.

Quelle est la différence ?
La différence est que le parti ne parraine pas ma candidature. Le vice-président du Mnc, Yapo Yapi (maire sortant, ndlr) conduit aussi une liste indépendante à Yakassé-Attobrou. Un groupe de militants du parti sont inscrits sur des listes indépendantes à Tanda. Nous avons une liste Mnc en cours de dépôt à Transua. C’est la seule liste que nous avons en dépôt au titre du parti.

Pourquoi si peu de candidatures ?
C’est ce que nous pouvons faire avec les moyens que nous avons. Nous avions une vingtaine de candidatures annoncées, mais nous avons dû les supprimer, parce que nous n’avons pas les moyens de les financer. Les deux premiers dirigeants (le président et le vice-président, ndlr) de notre formation politique se sont rabattus sur des listes indépendantes sur lesquelles ils sont des têtes de liste.

Y a-t-il des raisons particulières à ce choix ?
Ces élections sont locales ; il y a donc des réalités locales qui ne nécessitent pas un engagement militant.

N’est-ce pas plutôt une mesure de prudence que de présenter des candidats indépendants et d’autres parrainés par le parti ?
Non, c’est une mesure que nous impose la réalité du terrain. Le Mnc n’a pas les moyens d’aller seul à des élections à Abengourou et de les gagner. Il est donc associé à des militants d’autres partis, mais sur une liste indépendante. On aurait pu réclamer chacun le parrainage de leur parti, mais on ne l’a pas fait. Pour nous, le plus important est que l’enjeu n’est pas politique. Là où l’enjeu est politique, et que nous avons pu financer, c’est à Transua.

A quoi faites-vous allusion concrètement, quand vous parlez de réalité du terrain?
La réalité du terrain est liée à l’absence de financement, au délabrement, à la situation des nombreux cadres qui ont perdu leurs revenus et dont les maisons ont été pillées. Il y en a qui ont peur… Tout cela nous amène à avoir un profil très bas.

A Abengourou, vous êtes alliés à quels partis politiques ?
Ils sont de tous les bords politiques. Ils sont issus du Pdci, du Rdr, du Fpi… Mais ils ne sont pas inscrits sur les listes en tant que des militants. Ils sont inscrits en tant qu’habitants de la ville; parce que c’est en citoyen que nous allons conquérir la ville d’Abengourou.

Vous résidez à Abidjan où vous êtes très souvent. Vous auriez pu y briguer une mairie. Pourquoi avoir choisi la commune d’Abengourou ?
Ces élections sont locales. Puisque je suis chez moi, à Abengourou, j’ai préféré me présenter là-bas. J’aurai pu me présenter à Cocody, puisque je réside dans cette commune.

Des partis membres du Cpd ont décidé de ne pas aller à ces élections. N’est-ce pas dommage, quand on sait qu’à l’origine, ils avaient donné l’assurance d’y participer?
C’est dommage pour tout le monde ; leurs positions sont foncées. Je ne critique même pas leur option. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons opté pour une participation libre. Ils ne sont pas en contradiction avec nous. Nous avons dit que chaque parti est libre d’aller aux élections en son âme et conscience. Nous, nous avons préféré ne pas laisser le terrain vacant. Mais nous comprenons parfaitement leurs critiques et leurs décisions, puisque nous n’avons rien eu pratiquement.

Qu’entendez-vous par « nous n’avons rien eu pratiquement» ?
Vous vous imaginez que le gouvernement ne nous a donné que vingt millions de francs pour des élections nationales. Combien de régions et de communes peut-on financer avec une telle somme ?

Vous semblez dire que l’enveloppe n’est pas suffisante, pourtant vous l’avez acceptée. Pourquoi ?
On ne fait pas ce qu’on veut en politique. La politique est l’art du raisonnable. Les élections auxquelles je me suis engagé sont d’abord locales. Donc j’ai un engagement d’abord de citoyen d’Abengourou, de l’Indénié. Quand mes concitoyens m’ont demandé de diriger cette liste, ce n’est pas pour des raisons politiques. Ceux qui me l’ont demandé ne sont même pas du Mnc, ce sont mes concitoyens qui m’ont appelé en tant que cadre de la région et qui m’ont demandé de venir les aider à sauver Abengourou. C’est donc une motivation qui n’est pas du tout politique.

A vous écouter, le Mnc n’a pas d’appréhension sur les prochaines élections !
La politique de la chaise vide n’est pas une option qui nous a beaucoup rendu service. Il sera temps d’en discuter. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes d’accord avec les conditions dans lesquelles les élections se tiennent. Ces choses continuent d’être discutées. Les vraies élections, ce sont les législatives et les présidentielles de 2015. Celles-là (les toutes prochaines, ndlr) sont alternatives. Nous espérons qu’elles nous ouvrirons de vraies alternatives politiques. Si elles sont bloquées et caporalisées comme les précédentes, cela veut dire que les élections ne servent à rien dans ce pays. Et tout le monde pourra en tirer les conséquences.

Quelle est votre conviction intime, concernant ces échéances électorales?
Nous faisons confiance à la capacité des Ivoiriens à comprendre que la démocratie est un exutoire. Nous sommes des démocrates ; et quand on est un démocrate, on croit que la démocratie peut aider à trouver une porte de sortie pour nos contradictions. C’est pour cette raison que nous avons toujours combattu toutes les solutions militaires qui n’ont aucun sens. Je n’ai aucun respect et aucune excuse à la rébellion, parce que rien ne justifie de prendre les armes pour faire valoir un point de vue politique.

Comment expliquez-vous alors que des politiques qui disent être démocrates s’abstiennent, par exemple, à prendre part à des élections, moyen par lequel ils peuvent obtenir des changements qu’ils réclament ?
Ils n’ont pas décidé au hasard de ne pas y aller. Ils considèrent que les conditions d’organisation de ces élections ne sont pas réunies. On ne peut pas aller à une réunion ou à une compétition qui ne sert à rien. Si c’est le cas, on analyse et on observe. S’il ne sert à rien d’y aller, alors ce n’est pas la peine de perdre le temps. Je prends un exemple : On donne vingt millions de francs à nous qui avons décidé d’aller aux élections. Je ne vais pas aller saupoudrer en donnant un million à chacun pour avoir vingt candidatures. Ce serait juste pour témoigner ou pour dire que nous sommes présents. Cela n’a aucun sens. Nous avons financé les seuls endroits où nous sommes sûrs de gagner. Maintenant, si notre analyse est que - et ce cas peut arriver- dans cinq ans, les élections ne servent à rien, alors nous n’irons pas aux élections.

Alors quel jugement portez-vous sur les décisions prises par les uns et les autres de ne pas aller aux élections ?
Une décision ne doit pas être d’émotion, mais de raison. Il ne faut jamais agir par émotion en politique. Une situation peut plaire ou ne pas plaire. Mais quand le terrain indique une orientation, il faut la suivre.

Est-ce à croire que la recomposition de la Cei, le statut et le financement de l’opposition que réclament d’autres opposants ne sont pas des conditions à votre participation aux élections ?
Il n’y a personne qui dit des choses différentes dans l’opposition. La libération des prisonniers, la recomposition de la CEI… tout le monde dit la même chose.

Pour vous, la priorité est ailleurs ?
Ce n’est pas une affaire de priorité, c’est une affaire de réalité. Aujourd’hui, est-ce qu’on a même des priorités ? La réalité commande certaines choses. Soit on est un parti ou on n’en est pas un. C’est pourquoi nous ne faisons pas comme les autres qui traitent leurs camarades de traîtres. Chaque position peut se comprendre ; il suffit d’être attentif. Maintenant, quand on dit qu’il n’y a pas d’explications recevables, il faut en discuter. Alors, je comprends ceux qui disent qu’ils ne vont pas aux élections ; de cette même manière, ils doivent comprendre que moi je vais aux élections.

Qu’elles sont vos conditions auxquelles le gouvernement a donné une suite favorable pour que vous soyez aussi déterminé à aller à ces élections ?
Le gouvernement n’a fait aucune concession sérieuse. Tout est sur la table, il n’y a aucun mystère. Le gouvernement nous a donné vingt millions pour aller aux élections. Pas au seul Mnc, il l’a donné potentiellement à tous les partis qui voulaient aller aux élections. Certains ont dit qu’ils ne prennent pas cet argent parce qu’ils ne vont pas aux élections. D’autres l’ont pris parce qu’ils ont décidé d’aller aux élections. Moi, je l’ai pris au nom du Mnc, et nous allons aux élections dans des conditions minimales que j’ai expliquées plus haut.

Quelle analyse faites-vous des élections?

Ces élections sont la fin du cycle du désordre et de la cupidité politique. Les vainqueurs doivent savoir avoir raison. La démocratie a une fonction détersive, c’est-à-dire qu’elle absorbe les contradictions de la société en offrant un exutoire à toutes les réclamations et à toutes les revendications. Pourquoi aller à la violence si on a la possibilité de combattre son adversaire par des moyens autres que les violences ? Donc, l’antiviolence, le meilleur réconciliateur, c’est la démocratie. J’appelle solennellement le pouvoir à considérer cela.

Réalisée par Bidi Ignace


Malgré le déploiement des Frci au Baron de Yopougon, Le Cojep se transforme en mouvement politique Blé Goudé, président

Publié: Dec 17, 2012 par admin Filed under: Politique CĂ´te d'Ivoire

Le sigle reste le même. Mais, c'est la dénomination qui change. Le Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (Cojep) est devenu le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep).

Le premier congrès extraordinaire de cette organisation dirigĂ©e par Charles BlĂ© GoudĂ© en a dĂ©cidĂ© ainsi. « De son statut de groupe de pression Â», le Cojep passe « Ă  celui de mouvement politique Â», lit-on dans les rĂ©solutions et recommandations issues du « Congrès extraordinaire rĂ©uni les 12 et 13 dĂ©cembre 2012 Ă  Abidjan Â» et dont nous avons reçu copie dimanche 16 dĂ©cembre 2012. Dans une autre rĂ©solution, il est mentionnĂ© que le Congrès extraordinaire « dĂ©cide de renouveler sa confiance au camarade CBG (Charles BlĂ© GoudĂ©, Ndlr) pour diriger le mouvement, agir en son nom et prĂ©server son image partout ou besoin se fera sentir, et ceci en conformitĂ© avec la nouvelle nature, la nouvelle ligne et les objectifs nouveaux du Cojep Â».

Une rĂ©solution annonce la mise en place des structures spĂ©cialisĂ©es. « Il s’agit en particulier : 1 - d’une structure dĂ©diĂ©e aux femmes et dĂ©nommĂ©e Ufcojep (Union des femmes du Cojep) ; 2- d’une structure dĂ©diĂ©e aux Jeunes et dĂ©nommĂ©e Ujcojep (Union des jeunes du Cojep) ; 3-d’une structure dĂ©diĂ©e au corps enseignant et dĂ©nommĂ©e Cecojep (Cellule des enseignants du Cojep) Â», indiquent les documents reçus, mais qui ne prĂ©cisent pas ceux qui vont diriger ces structures spĂ©cialisĂ©es. En outre, Charles BlĂ© GoudĂ© et ses camarades ont créé « une structure de formation et de dĂ©veloppement dĂ©nommĂ©e « l’école du Cojep Â» chargĂ©e de donner Ă  (leurs) militants et responsables les rudiments politiques conformes Ă  sa vision idĂ©ologique Â».

Le congrès du Cojep a adressĂ© « une motion spĂ©ciale de soutien Â» Ă  Laurent Gbagbo incarcĂ©rĂ© Ă  La Haye, ainsi qu'aux militants du Cojep, comme Youan Bi Agenor, Yavo Martial et les autres, emprisonnĂ©s en CĂ´te d'Ivoire. Les exilĂ©s et prisonniers n'ont pas Ă©tĂ© omis. Le Cojep leur a apportĂ© son soutien.

Pourquoi le congrès du Cojep, prĂ©vu pour se tenir les 16 et 17 dĂ©cembre 2012 au Baron de Yopougon, n'a plus eu lieu aux lieu et dates indiquĂ©s ? Le document Ă©voque la question. Â« Les assises officielles prĂ©vues aux dates sus mentionnĂ©es n’étaient en rĂ©alitĂ© que la phase populaire et publique du programme dudit congrès, c’est-Ă  dire la phase de dĂ©monstration de notre capacitĂ© de mobilisation. Pour dire vrai, tenant compte de la nature du rĂ©gime actuel et au regard de l’attitude affichĂ©e par le pouvoir malgrĂ© nos dĂ©marches officielles, le comitĂ© d’organisation et les membres statutaires ont usĂ© de stratĂ©gie et d’intelligence Â», apprend-t-on dans le document.

Ainsi, n’avons-nous pas Ă©tĂ© surpris de voir le vendredi 14 dĂ©cembre 2012 les Frci (Forces rĂ©publicaines de CĂ´te d’Ivoire) lourdement armĂ©s envahir le Baron de Yopougon, alors mĂŞme que le comitĂ© d’organisation y avait prĂ©vu une dernière rĂ©union technique ce mĂŞme jour Ă  14 heures Â», informe le Cojep. « Fort heureusement, quarante huit heures auparavant,  les travaux en commissions et en plĂ©nières avaient dĂ©jĂ  eu lieu afin d’éviter le piège de la rĂ©pression que le rĂ©gime d’Abidjan nous tendait Â», expliquent Charles BlĂ© GoudĂ© et ses camarades.

 

SYLLA A.


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