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Politique
Les propositions des sociétés civiles ouest-africainesL'Afrique de l'Ouest est la
région la plus instable de l'Afrique. Elle a enregistré le grand nombre
de perturbations de l'ordre constitutionnel et de tentatives de coups
d'Etat, depuis la ratification de la Charte de l’Union Africaine de la
démocratie, des élections et la gouvernance en 2007. Face à cette
instabilité récurrente, le Réseau Ouest Africain pour la Surveillance
des Elections (ROASE) a réuni ses membres du 5 au 8 mai 2013 à Abuja, au
Nigeria, pour discuter des résultats préliminaires d’une étude sur
l’état de la ratification et la mise en œuvre de la Charte de l’Union
Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance dans la
sous-région. Invité par le ROASE, le Coordonnateur national de la
Convention de la société civile ivoirienne (CSCI), le Dr Christophe
Kouamé, a participé à cette rencontre. Le réseau a lancé un appel à tous
les gouvernements en Afrique de l’Ouest à faire preuve de plus
d'engagement vers la consolidation de la démocratie dans leur pays en
appliquant pleinement les principes de la Charte africaine de la
Démocratie, des Elections et de la Gouvernance. Le ROASE a aussi
encouragé les pays africains qui n'ont pas encore signé et ratifié
ladite Charte, notamment la Côte d’Ivoire, à en faire une priorité. La
société civile et les députés ont été invités à relever le défi de la
vulgarisation de cette Charte et celui du plaidoyer pour sa signature,
sa ratification et sa mise en œuvre ultérieure. Cet appel a été élargi
aux institutions internationales comme l'ONU, l'UA et la CEDEAO, en vue
de contribuer au renforcement et à la consolidation de la démocratie sur
le continent. Le ROASE est une coalition de groupes citoyens non
partisans d'observation de 11 pays Ouest-Africains (Burkina Faso, CĂ´te
d’Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Mali, Nigeria, Niger, Sénégal, Sierra
Leone, Togo).
H.O

Le 6 mai 2013, le cœur n’était pas du tout à la fête au palais de l’Élysée comme à la rue Solferino (siège du Parti socialiste) pour des raisons que l’on peut aisément deviner: la politique d’austérité (30 milliards d’euros soustraits de la circulation
économique du pays) qui, pour Jean-Luc Mélenchon, conduit inexorablement la France à l’enlisement, le chômage qui n’arrête pas de grimper, l’affaire Jérôme Cahuzac (accusé par les fins limiers de Mediapart de posséder un compte en Suisse, l’ancien ministre du Budget nia devant l’Assemblée nationale avoir ouvert un compte à l’étranger avant de se rétracter devant les juges, ce qui le contraignit à quitter le gouvernement le 19 mars) qui a laissé le sentiment que le PS est loin
d’être une poche de moralité et de pratiquer lui-même ce qu’il demande aux autres, la baisse continue de François Hollande dans les sondages (en avril 2013, seuls 23% des Français se disaient satisfaits de son action selon un sondage IFOP pour “Le Journal du dimanche”) et, last but not least,
la loi sur le mariage gay qui a profondément divisé la société française. Pourquoi Hollande est-il tombé en disgrâce en si peu de temps? Pourquoi est-il crédité par les derniers sondages d’un score jamais atteint sous la Ve République? Que lui reproche-t-on?
Pour Philippe Poutou, ancien candidat à la présidentielle et porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), la politique de F. Hollande n’est guère différente de celle de Sarkozy. “La continuité va même, poursuit-il, jusqu’à des choses que l’on n’aurait pas imaginées de la part d’un gouvernement de gauche: la question du démantèlement des camps Rom ou celle de la régularisation des sans-papiers, où c’est le même chiffre [le nombre de reconduites à la frontière] que celui de Guéant [l’ancien ministre de l’Intérieur] qui
est visé”. Marine Le Pen, qui s’exprimait sur LCI, qualifie, elle, de catastrophique la première année de Hollande. Selon la présidente du Front national, Hollande ne se distingue pas de n’importe quel autre haut fonctionnaire. Mais la charge la plus violente est venue du co-président du Parti de Gauche (PG). En voici un extrait: “Il y a un an, la majorité de la France (...)
a clairement choisi la voie du changement, de la rupture avec dix années de reculs sociaux, d’autoritarisme, de racisme. Un an plus tard, c’est le gâchis et la colère”. La manifestation contre l’austérité et pour la 6e République, organisée le 5 mai 2013 entre Bastille et Nation par l’ancien socialiste, révèle toutefois que le Front de gauche n’a pas l’intention “d’en rester là , de se rallier à l’idéologie de la défaite face aux forces de l’argent”.
Les Africains auront-ils, dans les mois Ă
venir, la même réaction que les militants du Front de gauche à l’égard de la Françafrique que le Sénégalais Makhily Gassama compare à « un monstre qui a surgi, telles des jumelles, en même temps que les indépendances qui est partout et dont l’unique objectif est de s’enrichir et de saborder les indépendances de l’Afrique en les vidant de leur substantifique moelle, en mettant et soutenant à la tête des États africains des êtres d’un autre âge – vu leur mentalité arriérée –,
venus de nulle part, corrompus, manipulables, prĂŞts Ă tous les crimes pour se maintenir au pouvoir[1]
ou bien continueront-ils à s’enfermer dans une spiritualité désincarnée, attendant que Dieu descende du Ciel pour les libérer du joug de la paupérisation et de la clochardisation? Difficile de le savoir. Ce qui est certain, en revanche, c’est que Hollande est loin d’avoir tenu les promesses faites à Dakar le vendredi 12 octobre 2012 devant les députés sénégalais. Que disait-il ce jour-là ? Que “le temps de la Françafrique était révolu” et que “les émissaires, les intermédiaires et les officines trouveraient désormais porte close à la présidence de la République française comme dans les ministères”, qu’il n’était “pas venu en Afrique pour imposer un
exemple, ni pour délivrer des leçons de morale” mais qu’il regardait “les Africains comme des partenaires et des amis”. Il ajoutait que l’amitié crée des devoirs parmi lesquels la sincérité. Il plaidait aussi
pour qu’Africains et Français se disent tout “sans ingérence mais avec exigence” et que se noue “un partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité[2]”.
Comme Hollande souhaite qu’on se dise tout et qu’on soit sincère, je voudrais profiter du premier anniversaire de son arrivée au pouvoir pour lui dire sincèrement qu’il ment en parlant d’amitié entre l’Afrique et la France. On prête au général de Gaulle l’idée selon laquelle “les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts”. La France n’est pas l’amie de l’Afrique car, si le mot “amitié” était une réalité et avait un sens pour les Français, Bokassa, Mobutu et Bozizé n’auraient jamais été reniés et obligés de chercher refuge ailleurs qu’en France après leur chute; si l’amitié était vraiment une valeur chère aux Français, Jacques Chirac et Lionel Jospin se seraient rendus au Sénégal le 30 décembre 2001 pour assister aux obsèques de Léopold Sédar Senghor qui non seulement travailla pour le rayonnement politique, économique et culturel de la France mais épousa en secondes noces une Normande. Est-il nécessaire de rappeler que cette absence des hauts dirigeants de la France fut perçue par nombre d’Africains comme la seconde dévaluation de l’Afrique francophone. Pour revenir à Hollande, on doit admettre qu’il est resté au niveau de l’incantation, qu’à travers son discours dakarois, c’est la France qui a
endormi une fois de plus les Africains avec des paroles mielleuses, qu’il y a un grand fossé entre ses paroles sur l’Afrique et sa politique
africaine, que la Françafrique est plus vivante et plus nocive que jamais.
Plusieurs faits attestent que F. Hollande a trompé les Africains qui avaient cru qu’il apporterait enfin le changement dans les relations entre la France et ses anciennes colonies et qu’il n’est en rien différent de tous ses prédécesseurs mais
je me contenterai de n’en citer que trois. Premièrement, entre mai 2012
et mai 2013, on a assisté à un incessant ballet à l’Élysée de présidents africains non seulement inamovibles mais discrédités par la répression, la corruption et l’incompétence de leurs régimes.
Deuxièmement, le président français a
maintenu dans certains pays africains (Centrafrique, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Sénégal, Tchad) des bases militaires dont l’une des missions est de protéger et de défendre en cas de tentative de coup d’État les présidents qui veillent sur les intérêts français ou, si l’on
préfère, qui laissent la France piller nos richesses. Si l’on en croit le dernier Livre blanc de la défense et de la sécurité nationale, le départ des troupes françaises d’Afrique n’est pas pour demain alors
que le précédent Livre blanc (2008) préconisait de ne garder que les bases françaises de Libreville et de Djibouti. La décision de ne pas fermer les bases françaises est d’autant plus incompréhensible que le déficit public ne cesse de se creuser (Bercy réussira-t-il à le faire passer de 4, 8% du PIB en 2012 à moins de 3% fin 2014 comme l’exige Bruxelles?) et que l’État a besoin d’argent pour renflouer ses caisses.
Le troisième exemple concerne les futures élections au Mali. Alors que l’État n’existe plus que de nom et que le pays et l’armée ne sont pas encore réunifiés, Hollande tient à ce
que les Maliens aillent aux urnes le 19 juillet 2013 et il proclame haut et fort qu’il sera intraitable sur cette date. Si ceci n’est pas de
l’immixtion dans les affaires internes du Mali, qu’est-ce que ça pourrait bien ĂŞtre? Or, Ă Dakar, Hollande avait assurĂ© qu’il se garderait de toute ingĂ©rence. Et puis, si les Maliens dĂ©cident de voter Ă
un moment qui leur semble meilleur, en quoi cela empêche-t-il Hollande de bien gouverner la France et d’honorer les engagements pris pendant la
campagne électorale? L’injonction hollandienne doit cacher des desseins
inavoués. Comme le dit Demba Moussa Dembélé, l’intervention de la France au Mali “est en train de prendre l’allure d’une véritable entreprise de recolonisation du Mali… qui se présente sous le manteau de
la lutte contre le terrorisme” ! Le chercheur sénégalais considère “l’intervention française – et celles des autres pays occidentaux – au Mali et ailleurs en Afrique comme faisant partie d’une stratégie globale visant à contrôler les ressources des pays africains pour tenter de sortir de la crise du capitalisme”. Plus loin, il ajoute:
“Ce risque de recolonisation est renforcé par l’annonce de l’ouverture d’une base militaire permanente au Mali au nom de la lutte contre le terrorisme[3]”. Le Nouvel Observateur
du 7 février 2013 abonde dans le même sens lorsqu’il écrit: “L’avenir des intérêts français au Mali et dans la sous-région, avec notamment l’uranium du Niger exploité par AREVA, est l’aiguillon principal de cette intervention. Donc,celle-ci est essentiellement motivée par la nécessité de protéger les intérêts stratégiques et économiques de la France.” Et pourtant, on nous a fait croire que la France allait au Mali pour sauver les Maliens des Djihadistes coupeurs de mains et distributeurs de coups de fouet. Les médias occidentaux dont plus personne ne doute que plusieurs d’entre eux sont aux ordres du politique
devaient faire avaler ces couleuvres. Noam Chomsky et Edward Herman appellent cela de la propagande et soutiennent que les démocraties se servent de cette propagande vehiculée par les journaux et télévisions pour formater l’opinion publique et obtenir ainsi le feu vert de la population pour des causes obscures[4].
Mais gare à quiconque osera prendre le contrepied de la propagande! L’ire des prétendus bienfaiteurs et pseudo-libérateurs ne tardera pas à s’abattre sur lui (elle). C’est le cas d’Aminata Traoré à qui le consulat de France à Bamako refusa en avril dernier le
renouvellement de son visa. L’ancienne ministre de la Culture était invitée par la Fondation Rosa-Luxemburg et le journal Prokla et l’association AfricAvenir à participer à une conférence à Berlin, du 17 au 19 avril, sur le thème « Le Mali à la croisée des chemins, après l’intervention militaire et avant les élections ». A. Traoré ne put se rendre en France après l’Allemagne parce que, très tôt, elle ne cacha pas son opposition à l’opération “Serval”. Pour elle, en effet, « la guerre qui a été imposée aujourd’hui au Mali n’est pas une guerre de libération du peuple malien, mais une guerre de pillage des ressources, (…) une guerre de positionnement pour une ancienne puissance coloniale ». La France de Hollande n’a pas accepté que son jeu soit ainsi dévoilé. Elle décida alors de punir celle dont le seul crime est d’avoir mis les pieds dans le plat. La France se targue d’être un grand pays et la “patrie des droits de l’homme”. Or dire ce que l’on pense est
un droit inaliénable. Fermer le territoire français à une personne qui a
eu le courage de parler des vrais enjeux de l’intervention française au
Mali, la punir parce qu’elle a refusé d’aboyer avec la meute ou de souscrire au jeu trouble de la France, ce n’est donc pas seulement être en contradiction avec ses propres principes. C’est surtout faire preuve de mesquinerie et de petitesse. Mais, comme le note opportunément Rosa Moussaoui, “empêcher que s’exprime une voix qui compte en Afrique, en privant cette intellectuelle de la liberté de circulation, voilà qui nous éloigne des belles intentions démocratiques affichées, à Bamako et Tombouctou, par le président Hollande[5]”.
Et Demba Dembélé enfonce le clou en faisant remarquer que “la France s’est déshonorée en interdisant son territoire à une intellectuelle de cette envergure. La patrie de Jean-Paul Sartre, le philosophe qui a dominé son siècle et a été de tous les combats pour l’émancipation des peuples opprimés, a définitivement perdu son lustre et son rayonnement intellectuel. Oui, la France est vraiment tombée très bas, avec la montée inexorable de la xénophobie et du racisme[6].”
Je pourrais citer aussi le cas de la Côte d’Ivoire où l’assassinat du Français Philippe Rémond par les FRCI, l’emprisonnement sans jugement du Franco-Ivoirien Michel Gbagbo et la détention arbitraire des dirigeants du FPI n’ont jamais ému M. Hollande et cela pour une double raison: le tort de toutes ces personnes est d’avoir supporté Laurent Gbagbo qui a lutté de toutes ses forces pour la
souveraineté de la Côte d’Ivoire; d’autre part, celui qui organise journellement la traque et la persécution des pro-Gbagbo travaille pour l’État francais. Or celui-ci ne tolère pas qu’on l’empêche de piller le cacao, le pétrole, le gaz, l’or et les autres ressources naturelles du pays. En 1963 déjà , il prouva que personne ne doit lui résister en poussant Houphouët-Boigny à faire arrêter et incarcérer les jeunes cadres du PDCI qui ne supportaient pas que la France soit encore trop puissante dans une Côte d’Ivoire indépendante et qu’à compétences égales
les expatriés français soient mieux payés qu’eux.
Tout ce qui prĂ©cède nous fait voir que la politique africaine de la France n’a pas changĂ© sous François Hollande. Seuls les naĂŻfs pourraient penser que l’ancien maire de Tulle est diffĂ©rent de Sarkozy, croire que l’armĂ©e française a dĂ©barquĂ© au Mali pour les beaux yeux des Maliens ou bien pour renvoyer l’ascenseur Ă
une Afrique qui combattit aux côtés de la France pendant les deux premières guerres mondiales.
Karl Marx aimait à dire qu’il ne s’agit pas de se contenter d’expliquer le monde mais de le transformer. Comment
pouvons-nous transformer notre situation? Que devons-nous faire pour que les choses changent? Le même Marx a écrit des lignes splendides sur la religion. Il dit par exemple ceci: “La religion est chargée de donner
une apparence de spiritualité à un monde matérialiste qui transforme les hommes en choses, en force productive. Mais elle est aussi là pour que rien ne change, pour obtenir le consentement de la population. Elle est donc ce mensonge qui nous permet de supporter le monde dans lequel nous vivons[7]”.
Je vois des hommes et femmes passer tout leur temps dans les églises. Ces personnes ne font que prier. Je ne suis pas contre la prière. Je veux simplement dire que la vraie prière doit déboucher sur l’action ou l’engagement et qu’une lecture profonde de la Bible montre que le Dieu de Moïse et de Jésus-Christ ne prend pas son parti de l’oppression, de l’injustice, de la discrimination ou de la domination mais qu’Il nous appelle, comme Moïse et Jésus, non pas à supporter (subir) le monde mais
Ă le transformer en affrontant d’une manière ou d’une autre les Pharaons et HĂ©rodes qui affament, torturent ou assassinent l’homme créé Ă
son image et resemblance.
Jean-Claude DJEREKE
Chercheur au Cerlecad, Ottawa, (Canada)
et auteur de “L’Afrique et le défi de la seconde indépendance”, Paris, L’Harmattan, 2012.
[1] Cf. M. Gassama, « Un demi-siècle d’aventure ambiguë », 50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique ?, Paris, Éditions Philippe Rey, 2010, p. 156.
[2] Le Monde du 12 octobre 2012.
[3] Demba Dembélé, “ L’affaire Aminata Traoré: une honte pour la France!”, www.cameroonvoice.com du 10 mai 2013.
[4] N. Chomsky et E. Herman, La fabrique du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, New York, Pantheon Books, 1988.
[5] Cf. L’Humanité du 22 avril 2013.
[6] Demba Dembélé, “ L’affaire Aminata Traoré: une honte pour la France!”, www.cameroonvoice.com du 10 mai 2013.
[7] K. Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel (1843).
Le chef du
gouvernement ivoirien serait sur la sellette. Depuis quelques jours une
certaine presse fait du limogeage du Premier Ministre son choux-gras.
Quand bien mĂŞme Alassane Ouattara et Daniel Kablan Duncan filent le bon
coton , des individus tapis dans les ténèbres jurent de voir le chef de
l’Etat débanquer son plus proche collaborateur. Qui veut donc chasser
Duncan ? Question.
Gisèle Tienfô Source : LE DéMOCRATE Affaire à suivre...
Le
leader du Mouvement alternative citoyenne (Mnc), Kabran Appiah, compte
joindre l’acte à la parole en allant aux élections conformément à la
promesse qu’il a faite de prendre une part active au jeu politique,
après son retour d’exil.
Des partis d’opposition dont le Mouvement alternative citoyenne
prendront part aux élections municipales et régionales. A laquelle des
élections êtes-vous personnellement candidat ? Je suis candidat aux municipales à Abengourou. Je conduis une liste indépendante en personne, mais pas au titre de mon parti.
Quelle est la différence ? La
différence est que le parti ne parraine pas ma candidature. Le
vice-président du Mnc, Yapo Yapi (maire sortant, ndlr) conduit aussi une
liste indépendante à Yakassé-Attobrou. Un groupe de militants du parti
sont inscrits sur des listes indépendantes à Tanda. Nous avons une liste
Mnc en cours de dépôt à Transua. C’est la seule liste que nous avons en
dépôt au titre du parti.
Pourquoi si peu de candidatures ? C’est
ce que nous pouvons faire avec les moyens que nous avons. Nous avions
une vingtaine de candidatures annoncées, mais nous avons dû les
supprimer, parce que nous n’avons pas les moyens de les financer. Les
deux premiers dirigeants (le président et le vice-président, ndlr) de
notre formation politique se sont rabattus sur des listes indépendantes
sur lesquelles ils sont des tĂŞtes de liste.
Y a-t-il des raisons particulières à ce choix ? Ces élections sont locales ; il y a donc des réalités locales qui ne nécessitent pas un engagement militant.
N’est-ce pas plutôt une mesure de prudence que de présenter des candidats indépendants et d’autres parrainés par le parti ? Non,
c’est une mesure que nous impose la réalité du terrain. Le Mnc n’a pas
les moyens d’aller seul à des élections à Abengourou et de les gagner.
Il est donc associé à des militants d’autres partis, mais sur une liste
indépendante. On aurait pu réclamer chacun le parrainage de leur parti,
mais on ne l’a pas fait. Pour nous, le plus important est que l’enjeu
n’est pas politique. Là où l’enjeu est politique, et que nous avons pu
financer, c’est à Transua.
A quoi faites-vous allusion concrètement, quand vous parlez de réalité du terrain? La
réalité du terrain est liée à l’absence de financement, au délabrement,
Ă la situation des nombreux cadres qui ont perdu leurs revenus et dont
les maisons ont été pillées. Il y en a qui ont peur… Tout cela nous
amène à avoir un profil très bas.
A Abengourou, vous êtes alliés à quels partis politiques ? Ils
sont de tous les bords politiques. Ils sont issus du Pdci, du Rdr, du
Fpi… Mais ils ne sont pas inscrits sur les listes en tant que des
militants. Ils sont inscrits en tant qu’habitants de la ville; parce que
c’est en citoyen que nous allons conquérir la ville d’Abengourou.
Vous
résidez à Abidjan où vous êtes très souvent. Vous auriez pu y briguer
une mairie. Pourquoi avoir choisi la commune d’Abengourou ? Ces
élections sont locales. Puisque je suis chez moi, à Abengourou, j’ai
préféré me présenter là -bas. J’aurai pu me présenter à Cocody, puisque
je réside dans cette commune.
Des partis membres du Cpd ont
décidé de ne pas aller à ces élections. N’est-ce pas dommage, quand on
sait qu’à l’origine, ils avaient donné l’assurance d’y participer? C’est
dommage pour tout le monde ; leurs positions sont foncées. Je ne
critique même pas leur option. C’est d’ailleurs pour cette raison que
nous avons opté pour une participation libre. Ils ne sont pas en
contradiction avec nous. Nous avons dit que chaque parti est libre
d’aller aux élections en son âme et conscience. Nous, nous avons préféré
ne pas laisser le terrain vacant. Mais nous comprenons parfaitement
leurs critiques et leurs décisions, puisque nous n’avons rien eu
pratiquement.
Qu’entendez-vous par « nous n’avons rien eu pratiquement» ? Vous
vous imaginez que le gouvernement ne nous a donné que vingt millions de
francs pour des élections nationales. Combien de régions et de communes
peut-on financer avec une telle somme ?
Vous semblez dire que l’enveloppe n’est pas suffisante, pourtant vous l’avez acceptée. Pourquoi ? On
ne fait pas ce qu’on veut en politique. La politique est l’art du
raisonnable. Les élections auxquelles je me suis engagé sont d’abord
locales. Donc j’ai un engagement d’abord de citoyen d’Abengourou, de
l’Indénié. Quand mes concitoyens m’ont demandé de diriger cette liste,
ce n’est pas pour des raisons politiques. Ceux qui me l’ont demandé ne
sont même pas du Mnc, ce sont mes concitoyens qui m’ont appelé en tant
que cadre de la région et qui m’ont demandé de venir les aider à sauver
Abengourou. C’est donc une motivation qui n’est pas du tout politique.
A vous écouter, le Mnc n’a pas d’appréhension sur les prochaines élections ! La
politique de la chaise vide n’est pas une option qui nous a beaucoup
rendu service. Il sera temps d’en discuter. Mais cela ne veut pas dire
que nous sommes d’accord avec les conditions dans lesquelles les
élections se tiennent. Ces choses continuent d’être discutées. Les
vraies élections, ce sont les législatives et les présidentielles de
2015. Celles-lĂ (les toutes prochaines, ndlr) sont alternatives. Nous
espérons qu’elles nous ouvrirons de vraies alternatives politiques. Si
elles sont bloquées et caporalisées comme les précédentes, cela veut
dire que les élections ne servent à rien dans ce pays. Et tout le monde
pourra en tirer les conséquences.
Quelle est votre conviction intime, concernant ces échéances électorales? Nous
faisons confiance à la capacité des Ivoiriens à comprendre que la
démocratie est un exutoire. Nous sommes des démocrates ; et quand on est
un démocrate, on croit que la démocratie peut aider à trouver une porte
de sortie pour nos contradictions. C’est pour cette raison que nous
avons toujours combattu toutes les solutions militaires qui n’ont aucun
sens. Je n’ai aucun respect et aucune excuse à la rébellion, parce que
rien ne justifie de prendre les armes pour faire valoir un point de vue
politique.
Comment expliquez-vous alors que des politiques qui
disent être démocrates s’abstiennent, par exemple, à prendre part à des
élections, moyen par lequel ils peuvent obtenir des changements qu’ils
réclament ? Ils n’ont pas décidé au hasard de ne pas y aller. Ils
considèrent que les conditions d’organisation de ces élections ne sont
pas réunies. On ne peut pas aller à une réunion ou à une compétition qui
ne sert à rien. Si c’est le cas, on analyse et on observe. S’il ne sert
à rien d’y aller, alors ce n’est pas la peine de perdre le temps. Je
prends un exemple : On donne vingt millions de francs Ă nous qui avons
décidé d’aller aux élections. Je ne vais pas aller saupoudrer en donnant
un million Ă chacun pour avoir vingt candidatures. Ce serait juste pour
témoigner ou pour dire que nous sommes présents. Cela n’a aucun sens.
Nous avons financé les seuls endroits où nous sommes sûrs de gagner.
Maintenant, si notre analyse est que - et ce cas peut arriver- dans cinq
ans, les élections ne servent à rien, alors nous n’irons pas aux
élections.
Alors quel jugement portez-vous sur les décisions prises par les uns et les autres de ne pas aller aux élections ? Une
décision ne doit pas être d’émotion, mais de raison. Il ne faut jamais
agir par émotion en politique. Une situation peut plaire ou ne pas
plaire. Mais quand le terrain indique une orientation, il faut la
suivre.
Est-ce Ă croire que la recomposition de la Cei, le statut
et le financement de l’opposition que réclament d’autres opposants ne
sont pas des conditions à votre participation aux élections ? Il n’y a
personne qui dit des choses différentes dans l’opposition. La
libération des prisonniers, la recomposition de la CEI… tout le monde
dit la mĂŞme chose.
Pour vous, la priorité est ailleurs ? Ce
n’est pas une affaire de priorité, c’est une affaire de réalité.
Aujourd’hui, est-ce qu’on a même des priorités ? La réalité commande
certaines choses. Soit on est un parti ou on n’en est pas un. C’est
pourquoi nous ne faisons pas comme les autres qui traitent leurs
camarades de traîtres. Chaque position peut se comprendre ; il suffit
d’être attentif. Maintenant, quand on dit qu’il n’y a pas d’explications
recevables, il faut en discuter. Alors, je comprends ceux qui disent
qu’ils ne vont pas aux élections ; de cette même manière, ils doivent
comprendre que moi je vais aux élections.
Qu’elles sont vos
conditions auxquelles le gouvernement a donné une suite favorable pour
que vous soyez aussi déterminé à aller à ces élections ? Le
gouvernement n’a fait aucune concession sérieuse. Tout est sur la table,
il n’y a aucun mystère. Le gouvernement nous a donné vingt millions
pour aller aux Ă©lections. Pas au seul Mnc, il l’a donnĂ© potentiellement Ă
tous les partis qui voulaient aller aux élections. Certains ont dit
qu’ils ne prennent pas cet argent parce qu’ils ne vont pas aux
élections. D’autres l’ont pris parce qu’ils ont décidé d’aller aux
élections. Moi, je l’ai pris au nom du Mnc, et nous allons aux élections
dans des conditions minimales que j’ai expliquées plus haut.
Quelle analyse faites-vous des élections?
Ces élections sont la fin du cycle du désordre et de la cupidité
politique. Les vainqueurs doivent savoir avoir raison. La démocratie a
une fonction détersive, c’est-à -dire qu’elle absorbe les contradictions
de la sociĂ©tĂ© en offrant un exutoire Ă toutes les rĂ©clamations et Ă
toutes les revendications. Pourquoi aller Ă la violence si on a la
possibilité de combattre son adversaire par des moyens autres que les
violences ? Donc, l’antiviolence, le meilleur réconciliateur, c’est la
démocratie. J’appelle solennellement le pouvoir à considérer cela.
Réalisée par Bidi Ignace
Le
sigle reste le même. Mais, c'est la dénomination qui change. Le Congrès
panafricain des jeunes et des patriotes (Cojep) est devenu le Congrès
panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep).
Le premier congrès extraordinaire de cette organisation dirigée par Charles Blé Goudé en a décidé ainsi. « De son statut de groupe de pression », le Cojep passe « à celui de mouvement politique », lit-on dans les résolutions et recommandations issues du « Congrès extraordinaire réuni les 12 et 13 décembre 2012 à Abidjan »
et dont nous avons reçu copie dimanche 16 décembre 2012. Dans une autre
résolution, il est mentionné que le Congrès extraordinaire « décide de renouveler sa confiance au camarade CBG (Charles Blé Goudé, Ndlr) pour
diriger le mouvement, agir en son nom et préserver son image partout ou
besoin se fera sentir, et ceci en conformité avec la nouvelle nature,
la nouvelle ligne et les objectifs nouveaux du Cojep ».
Une résolution annonce la mise en place des structures spécialisées. « Il s’agit en particulier : 1 - d’une
structure dédiée aux femmes et dénommée Ufcojep (Union des femmes du
Cojep) ; 2- d’une structure dédiée aux Jeunes et dénommée Ujcojep (Union
des jeunes du Cojep) ; 3-d’une structure dédiée au corps enseignant
et dénommée Cecojep (Cellule des enseignants du Cojep) », indiquent les
documents reçus, mais qui ne précisent pas ceux qui vont diriger ces
structures spécialisées. En outre, Charles Blé Goudé et ses camarades
ont créé « une structure de formation et de développement dénommée « l’école du Cojep » chargée de donner à (leurs) militants et responsables les rudiments politiques conformes à sa vision idéologique ».
Le congrès du Cojep a adressé « une motion spéciale de soutien »
à Laurent Gbagbo incarcéré à La Haye, ainsi qu'aux militants du Cojep,
comme Youan Bi Agenor, Yavo Martial et les autres, emprisonnés en Côte
d'Ivoire. Les exilés et prisonniers n'ont pas été omis. Le Cojep leur a
apporté son soutien.
Pourquoi le congrès du Cojep, prévu pour se tenir les 16 et 17
décembre 2012 au Baron de Yopougon, n'a plus eu lieu aux lieu et dates
indiqués ? Le document évoque la question. « Les
assises officielles prévues aux dates sus mentionnées n’étaient en
réalité que la phase populaire et publique du programme dudit congrès,
c’est-à dire la phase de démonstration de notre capacité de
mobilisation. Pour dire vrai, tenant compte de la nature du régime
actuel et au regard de l’attitude affichée par le pouvoir malgré nos
démarches officielles, le comité d’organisation et les membres
statutaires ont usé de stratégie et d’intelligence », apprend-t-on dans le document.
Ainsi, n’avons-nous pas été surpris de voir le vendredi 14
décembre 2012 les Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire)
lourdement armés envahir le Baron de Yopougon, alors même que le comité
d’organisation y avait prévu une dernière réunion technique ce même jour
à 14 heures », informe le Cojep. « Fort heureusement, quarante
huit heures auparavant, les travaux en commissions et en plénières
avaient déjà eu lieu afin d’éviter le piège de la répression que le
régime d’Abidjan nous tendait », expliquent Charles Blé Goudé et ses camarades.
SYLLA A.
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