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Côte d’Ivoire : Le trafic de diamants se poursuit, malgré l’embargo

Côte d’Ivoire : Le trafic de diamants se poursuit, malgré l’embargo

La production et la commercialisation de diamants bruts se poursuivent «illégalement» en Côte d’Ivoire malgré un embargo datant de 2005, ont dénoncé jeudi des experts des Nations unies.

La «production artisanale de diamants dans les zones d’extraction de Séguéla et Tortiya» (nord) se poursuit à travers des «réseaux commerciaux qui achètent puis exportent illégalement en passant par les Etats voisins», selon le rapport au Conseil de sécurité du groupe d’experts chargé de vérifier l’application de l’embargo.

Un embargo frappe l’exploitation des diamants ivoiriens depuis 2005, au motif qu’ils alimentaient l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôlait le nord du pays depuis son coup d’état manqué de 2002 contre le président Laurent Gbagbo.

Un officier mis en cause

Selon le rapport, des ex-militaires issus des FN et qui ont choisi le camp du président Alassane Ouattara contre M. Gbagbo dans l’affrontement post-électoral de 2010-2011 continuent de tirer profit de ce trafic.

Issiaka Ouattara (alias «Wattao»), un ex-chef rebelle devenu l’un des principaux commandants des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), l’armée ivoirienne, est pointé du doigt. «Les principaux négociants de diamants payent des éléments des FRCI commandés par Wattao pour être autorisés à faire le commerce des diamants bruts et à les exporter illégalement», déplorent les experts.

Cité par la presse ivoirienne, Wattao a démenti toute implication. «Jamais je n’ai trempé dans une affaire d’exploitation de diamants», a-t-il réagi.

Achat d’armes

Le groupe d’experts «craint que les paiements liés à la vente de diamants bruts ivoiriens, qui s’effectuent entièrement en numéraire et ne sont pas enregistrés, alimentent des fonds pour acheter des armes et du matériel connexe en violation du régime des sanctions», souligne le rapport.

«Une partie de la production de diamants ivoiriens est directement exportée à partir de l’aéroport international d’Abidjan», ont également dénoncé les experts qui se disent «préoccupés» par la corruption «des policiers et douaniers».

La publication de ce rapport intervient alors que la Côte d’Ivoire souhaite pouvoir recommencer à exporter ses diamants bruts en adhérant au processus de Kimberley qui doit conduire à la levée de l’embargo.

Créé en 2000, le régime international de certification est soutenu par l’ONU et rassemble 75 Etats. Il édicte des conditions à remplir par un pays pour que ses diamants puissent être exportés légalement. D’après un document de l’Union européenne, la production annuelle de diamants de Côte d’Ivoire est de 50’000 à 300’000 carats (1 carat = 0,2 gramme).

(ats/Newsnet)

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